Dans un Etat de droit, les règles s’appliquent même aux militants de gauche

Pour faire face à la crise sanitaire, la Confédération a décidé des mesures pragmatiques qui mêlent subtilement interdictions et encouragements. Les résultats semblent le montrer d’ailleurs, les décisions prises étaient bonnes. Ce lundi 18 mai pourtant, bravant l’interdiction de réunion de plus de 5 personnes et à l’appel de réseaux sociaux, 2000 cyclistes ont envahi la plaine de Plainpalais à Genève. Ils réclament davantage de considération et de place pour le vélo dans nos rues. Un grand rassemblement public de 2000 personnes toléré alors que 6 personnes autour d’un barbecue peuvent être poursuivies et condamnées ?

Si prompts à réclamer un Etat fort pour protéger les plus faibles, des élus de gauche se refusent à condamner les actes répréhensibles de leurs sympathisants.

En charge à la fois de la sécurité et de la santé, le ministre Mauro Poggia a promis avec raison une large enquête et une dénonciation des coupables. C’est évidemment la moindre des choses. Et pourtant, c’est le président du gouvernement genevois en personne, Antonio Hodgers, qui s’y est opposé, menaçant de briser la collégialité si l’enquête est menée correctement et des condamnations prononcées. Le ministre vert a même poussé l’audace jusqu’à mettre en doute le risque sanitaire pris par les organisateurs, se substituant ainsi aux experts et épidémiologistes de la Confédération. Rappelons que l’interdiction de réunion de plus de cinq personnes évite la propagation inutile du COVID-19. Elle nous évite surtout une deuxième vague qui pourrait se révéler dévastatrice pour nos entreprises, pour nos emplois, pour nos revenus, pour notre bien-être à tous.

Dans le contexte de cette crise sanitaire, il est plus que jamais nécessaire de respecter les règles prescrites. Il en va aussi d’une certaine solidarité sociale, celle des bien-portants envers les plus fragiles, envers les groupes à risque. D’habitude si prompts à réclamer un Etat fort, des règles contraignantes et à les faire appliquer, certains élus de gauche font du rétropédalage lorsqu’il s’agit de condamner les actions répréhensibles de leurs sympathisants. Des actions irresponsables et irréfléchies deviennent soudainement anodines ou même souhaitables. Dans un Etat de droit, les règles se décident ensemble, se votent selon les processus démocratiques établis et sont appliquées uniformément.

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