Les nouveaux moralisateurs

Le site ecorating.ch, bien que très fortement orienté politiquement, distribue des notes aux élus : il y aurait les bons et les mauvais élus. Leurs critères ne forment en réalité qu’une compilation
d’opinions unilatérales. Non pas des faits, mais bien des opinions. Le site en lui-même n’est pas neutre et impartial, ce qu’on pourrait attendre d’un organisme qui distribue des notes aux élus. Il a été mis en place par ses sponsors que sont Greenpeace, Pronatura, WWF et l’ATE. Pour la neutralité, on trouvera mieux.
Sauver nos mayens serait contraire aux intérêts de l’environnement
A titre d’exemple, les positions suivantes des parlementaires sous la loupe valent toutes un mauvais point à l’écorating :
– tenter de sauver nos mayens qui menacent de s’effondrer en aménageant des exceptions à la LAT (du bon sens) ;
– soutenir un développement de l’offre de bus longue distance (pourtant mieux un bus rempli que 30 voitures) ;
– soutenir le contre-projet à l’initiative pour des entreprises responsables (plutôt que l’initiative jusqu’au-boutiste elle-même).
Le score de cet écorating se base simplement sur une vision unilatérale de la politique environnementale, comme s’il n’existait qu’un type de réponse, qu’une seule vision correcte, qu’une façon de penser l’environnement et d’y apporter des solutions.
L’étrange position de la FRC contre la diversification de l’offre en transports
Récemment, c’était au tour de la FRC (ndlr : Fédération romande des consommateurs) de distribuer ses bonnes et mauvaises notes. Très étonnamment, l’action du conseiller national Philippe Nantermod en faveur d’une offre de bus longue distance a été jugé contraire aux intérêts des consommateurs. Ben voyons ! Il est permis de penser qu’au contraire, étendre l’offre pour permettre à davantage de monde d’accéder à d’autres moyens de transports bon marché, est tout bénéfique pour le consommateur. Personne ne sera jamais forcé de monter à bord d’un Flixbus. En revanche, ceux qui le souhaitent pourront privilégier l’alternative bus au train ou à la voiture individuelle, en fonction de leurs attentes et de leur budget.
La position de la FRC est ici politique, comme l’est celle de l’autre distributeur de notes, ecorating.ch. Ces associations se substituent à la démocratie en s’arrogeant un rôle pour juger de manière péremptoire de l’activité de nos élus. Or, apprécier l’activité politique de nos élus appartient à chacune et chacun de nous, électrices et électeurs. Nous sommes tous suffisamment éclairés pour les soutenir ou les sanctionner le cas échéant, sans être induits en erreur par des lobbies qui avancent masqués.

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