
La démocratie valaisanne a parlé sur le photovoltaïque alpin. Un peu comme quand elle décide d’élargir le catalogue des prestations de la LAMal, de permettre aux psychologues de prescrire ou d’améliorer les conditions de travail du personnel infirmier. A chaque fois, il y a de bonnes raisons de dire oui, mais quand vient l’automne et qu’on annonce une hausse des coûts, c’est plus difficile à assumer et rares sont ceux qui font le lien pourtant évident : on paie le prix de ce qu’on décide.
Au sujet de la production d’énergie, je redoute déjà les discussions cet hiver. Personnellement je défends l’énergie nucléaire d’une part et toute source de production électrique d’autre part. Que cela soit l’énergie éolienne, les parcs solaires, les barrages hydroélectriques et leur réhaussement ou que sais-je encore. J’ai toujours défendu l’idée de produire suffisamment et de garantir l’approvisionnement énergétique. C’est fondamental pour que les entreprises puissent prospérer, pour offrir des salaires dignes à tout le monde, pour que chacun puisse vivre dignement. A ce titre, ma ligne politique me laisse la conscience tranquille.
En revanche, je laisserai le soin d’assumer leurs choix à ceux qui s’opposent à tout depuis des années : le nucléaire laisse des déchets, l’éolien fait mal à la tête, les panneaux voltaïques alpins font mal aux yeux, un rehaussement de barrage noie trois sapins (Grimsel), une centrale hydroélectrique d’altitude gêne la présence d’une variété de mouche spécifique (Haut-Valais), les centrales au fil de l’eau terrorisent les poissons, … Je leur laisserai expliquer à nos concitoyens, comment aller vers plus de sobriété (manger froid ? se doucher un jour sur deux ? aller à pied au travail même quand on habite en montagne ?) Je leur laisserai aussi parler aux personnes de condition plus modeste, leur proposer d’abandonner les derniers loisirs qu’ils leur restent afin d’honorer les factures d’électricité que la pénurie aura fait encore exploser.
Mais je leur fais confiance sur un point. Les neinsagers opposés à tout trouveront de toutes façons le moyen de dire que ce n’est pas de leur faute s’il manque du courant ! Comme ceux qui défendent l’élargissement du catalogue des prestations LAMal au printemps avant d’aboyer l’automne quand les nouvelles primes sont communiquées. Ce ne sera jamais de leur faute. Assumer c’est pour les autres. En attendant, dommage pour les habitants qui, eux, subissent.