Qui aime le Valais n’enverra pas deux PDC à la chambre des Etats

Deux chambres, l’une représentant le
peuple, l’autre les cantons : notre sage constitution fédérale l’a prévu
ainsi. Le Conseil national permet à la majorité de se faire entendre alors que le
Conseil des Etats est un outil formidable qui permet aux cantons moins peuplés de
plaider leur cause. A condition de savoir se servir de l’outil !
Chaque canton a ses spécificités et
ses combats qui lui sont propres. Après les coups d’assommoir que furent la Lex
Weber ou la nouvelle LAT fédérale, il est plus important que jamais pour le
Valais de donner de la voix et surtout de trouver une oreille attentive à Berne.
Aucune loi ne peut être votée sans qu’elle soit acceptée par chacune des deux
chambres. Obtenir une majorité lors d’un vote à la chambre des Etats permet
ainsi de bloquer une mesure dont nous ne voulons pas ou de proposer une
nouvelle loi dont le Valais aurait besoin.
Lorsque
Ruedi Noser manque le train, le Valais pèse deux fois plus lourd que Zurich
La chambre des Etats se compose
d’exactement deux députés par canton (ou d’un député par demi-canton). Les micro-cantons
d’Uri, de Glaris ou du Jura y ont chacun autant de poids que des cantons mammouths
que sont par exemple Vaud, Genève, Berne ou St-Gall. Lorsque Ruedi Noser, l’un
des deux sénateurs zurichois manque le train le matin, le canton du Valais pèse
deux fois plus lourd que le canton de Zurich au Conseil des Etats !
A la chambre des cantons, c’est le règne
des deux partis historiques : le PDC et le PLR. Le PDC seul n’obtient
jamais de majorité, pas plus que le PLR. En revanche, un projet est toujours
adopté lorsque les deux partis l’appuient conjointement. Envoyer un
représentant du PDC est évidemment une bonne stratégie : il pourra obtenir
l’appui de son groupe parlementaire et l’appui de sa Conseillère fédérale Viola
Amherd. Y envoyer un deuxième PDC afin de convaincre à nouveau un groupe déjà
acquis au projet est à peu près inutile. Il est donc dans l’intérêt du canton
du Valais d’envoyer à Berne un sénateur PDC et un sénateur PLR. Ainsi, les
projets bénéficieront de l’appui des deux premiers groupes du Conseil des Etats
et des conseillers fédéraux Karin Keller Sutter et Ignazio Cassis. Trois
conseillers fédéraux valent mieux qu’une seule !
Régater
avec les poids lourds présuppose une solide expérience à Berne
Peser dans la politique fédérale
n’est pas inné. Régater avec les poids lourds du parlement présuppose une
solide expérience préalable à Berne. Aucun élu n’y est efficace lorsqu’il y
fait ses premiers pas ! Nous, Valaisans, devrions donc idéalement élire
deux sénateurs au bénéfice d’une expérience reconnue sur la scène fédérale. Il
y a deux conseillers nationaux parmi les nouveaux candidats aux Etats qui ont
pratiqué la vie politique bernoise : le libéral-radical Philippe Nantermod
et le socialiste Mathias Reynard.
L’institut Sotomo de Zurich classe
chaque année les parlementaires fédéraux en leur attribuant un rating : de
-10 pour les plus marxistes de la gauche à +10 pour les plus nationalistes à
droite, 0 définissant le centre. C’est un moyen de situer nos représentants. A
ce classement, Philippe Nantermod est à +1.6, c’est-à-dire très exactement au
centre de son groupe libéral-radical. Pas à gauche, mais très loin de la droite
incarnée par l’aile dure de l’UDC. Sur cette même échelle, Mathias Reynard est
à -9.2. Il se situe plus à gauche encore que le popiste neuchâtelois Denis de
la Reusille…
Et c’est bien là que réside la
dernière question d’importance : les Valaisans, dont la grande majorité
ont des opinions politiques qui s’étendent du centre à la droite seront-ils
mieux représentés par quelqu’un qui leur ressemble ou par quelqu’un qui vote
systématiquement différemment d’eux lors des votations fédérales les plus
importantes ? Est-il opportun d’accompagner celui ou celle qui représentera le
PDC de Mathias Reynard au Conseil des Etats, sachant que sur tous les votes
importants pour notre canton, leurs voix s’annuleront tout simplement ?
Notre canton, que nous aimons profondément,
doit être défendu le plus efficacement possible. Et pour cela, l’un des deux
sièges qui lui est réservé doit être occupé par Philippe Nantermod.
Le Valais a l’opportunité de peser de
manière beaucoup plus importante sur la scène politique fédérale. Nous avons ainsi
l’opportunité, et ce serait la première fois en plus de 170 ans d’histoire
moderne de notre pays, de nommer deux représentants de deux partis différents
au Conseil des Etats. Le 20 octobre, nous ne manquerons pas ce rendez-vous avec
l’histoire.

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